foodgeek | ragots et ragouts

"Use the Farm, Cuke!"

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Quand la "Rébellion biologique" affronte le côté obscur de la Ferme, ça donne un petit bijou de film.

Avec, par ordre d'apparition : Cuke, Obi-Wan Canoli, Tofu D2, Princesse Laitue, Jam Bono, Chewbroccoli.

Pour voir le résultat, cliquez sur l'image!



****ing good!

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"Swear Jar", ou le flacon à jurons. Un concept lucratif imaginé par Budweiser, qui dit "bip" au politically correct.



Dans la sphère de Thierry Marx

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Il l'a annoncé chez Fogiel, coincé entre NTM et Julia Channel. Thierry Marx "monte" à Paris pour nous faire partager une expérience intitulée « Dans la sphère ».

Au programme, trois expériences gustatives :

- L'entrée de l'exposition + dégustation du bento trois saveurs autour du navet, du homard à l'américaine et de la poire Belle-Hélène + eau Ogo plate ou pétillante + whif (inhalateur de chocolat) + café :
27 euros (coupe de champagne offerte)

- L'entrée de l'exposition + dégustation de la poire Belle-Hélène de Thierry Marx, structurée/destructurée/restructurée + eau Ogo plate ou pétillante + whif + café :
15 euros (coupe de champagne offerte)

- L'entrée de l'exposition + whif + café :
6 euros

Expérience menée en collaboration avec Jérôme Bibette + vidéos de Mathilde de l’Ecotais.

Perso, j'ai déjà fait ma résa!

du 29 mars au 21 juillet
ouvert du vendredi au lundi, de 12h à 19h

Le Laboratoire - 4, rue de Bouloi - 75001 Paris
Résa : info@lelaboratoire.org

www.lelaboratoire.org



La French gastronomie, patrimoine mondial de l'UNESCO?

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Entre des serrages de poignes au Salon de l'Agriculture -ponctués par un pétage de plomb désormais culte-, Nicolas Sarkozy a eu le temps d'annoncer la prochaine candidature de la France auprès de l'Unesco pour que son "patrimoine gastronomique" soit reconnu patrimoine culturel immatériel de l'humanité.

Cette idée avait été lancée fin 2006 par un groupe de gastronomes et de chefs, dont Marc Veyrat et Alain Ducasse.

La France, 1er pays à voir sa gastronomie inscrite au patrimoine de l'humanité? Une démarche à suivre, un an pile poil avant le 1er World Summit of Gastronomy organisé du 9 au 11 février 2009 au Japon.



Hamburger à la sauce typo

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Clin d'oeil à notre Cookie préféré qui revient tout juste de Barcelona, le travail magnifique du studio espagnol Vasava.

Une réalisation destinée à Hewlett Packard (cherchez l'erreur!), mais qui ouvrira grandement les appétits avant le déjeuner.




Il était une fois Paulette

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A Hollywood, quand les scénaristes ne font pas grève, on fabrique du rêve. Mais parfois, les hasards de la vie produisent les plus beaux scénario qui soient. Pour preuve, direction Rodéo Drive à la découverte de la fabuleuse histoire de "Paulette".

Il était une fois, Paule Koumetz et son mari Gérard, deux Français vivant à Los Angeles. Un jour, ils tombent sur l'émission Envoyé Spécial consacrée aux macarons, avec en guest star Christophe Michalak.

Là, c'est la révélation. Le couple ne souhaite alors plus qu'une chose : proposer les meilleurs macarons du monde. Mais sans expert, la tâche s'avère difficile. Ils contactent donc le chef pâtissier du Plaza et badaboum, "Paulette Bervely Hills" fut.

Avec Christophe Michalak à la création, Paule à la vente, et Gérard en tête pensante, le premier magasin haute couture autour du macaron voit le jour en septembre 2007. D'autres boutiques seraient prévues, toujours aux USA.

Un conte de fées comme on les adore. Longue vie à Paulette Macarons!!!

+ de photos sur le blog de Christophe Michalak



Omnivore Food Festival (OFF) 2008

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Si vous lisez régulièrement ce blog, c'est que vous aussi vous êtes foodgeeks. Inutile dans ce cas de s'étendre sur le pourquoi du comment du OFF.

En revanche, vous êtes en droit d'attendre de votre fidèle serviteur un compte-rendu par le menu des démonstrations culinaires de certains des chefs les plus innovants de notre époque. Malheureusement, les prouesses techniques des uns et des autres me sont un peu passées par dessus la tête. Mon truc à moi, c'est plutôt le feeling.

Voici donc un concentré de mon expérience sur ces deux jours de festival, riche en découvertes et rencontres palpitantes.

- Le lieu
Deauville en février, vidée du 92 d'habitude en force, sous un soleil radieux, c'est tout simplement le pied.

- L'ambiance
Jeune, détendue, conviviale. Nous sommes loin du SIRHA ou du salon Saveurs.... La relative promiscuité rendait le contact facile, aussi bien avec les chefs que les autres festivaliers. Autour du corner Lavazza, les langues se déliaient aisément, et autour du Dive, réunion de vignerons, je ne vous raconte même pas... Apprentis, chefs renommés, gastronomes curieux et avertis : de ce sympathique mélange se dégageait une atmosphère mi-récréative, mi-studieuse, visant à "mettre en commun les idées, les concepts, les expériences pour faire avancer la cuisine, mieux la comprendre et anticiper ses mutations sociétales ou économiques". Rafraîchissant.

- Les démos
Cuisine TV au cube. Pour quelqu'un comme moi (= pas doué de ses 10 doigts pour mitonner), les démos présentaient l'avantage de voir en live la facilité d'exécution de plats qui, sur le papier, s'avéraient complexes. En gros, ce que j'ai retenu (désolée par avance pour la simplification à l'extrême) c'est que :
1/ il faut toujours choisir des matières premières de qualité
2/ penser au goût avant la forme
3/ faire très attention aux cuissons
4/ laisser l'inspiration venir de plaisirs simples : les goûts de l'enfance, les plateaux télé, la nature version soft (les plantes) ou hardcore (les nids d'oiseaux, le dos d'un âne qui sue...).
Comme ça, on a l'impression que j'enfonce des portes ouvertes, mais c'est un fait. A force de vouloir époustoufler autrui, on en oublie les fondamentaux. Et promis, ce n'est pas moi qui le dit!

- Les "Cafés confidences"
Confortablement posés sur un canapé Ikéa, les chefs se sont confiés sans détour au micro de Sébastien Demorand et Luc Dubanchet, avec une honnêteté parfois déconcertante. Les interventions de Pascal Barbot et de Pierre Gagnaire furent à ce titre un pur régal. Le premier prônant la simplicité dans ce qu'elle a de plus évidente et remarquable. L'autre faisant voler en éclat les idées reçues : un grand chef qui dit ne pas aimer la cuisine, vous avez déjà entendu ça, vous?

- Mon classement sans queue ni tête
Mon chouchou absolu : Pascal Barbot, pour sa franchise, son enthousiasme, la justesse d'un discours mené à 2 voix avec son associé, Christophe Rohat, le très serein directeur de salle de l'Astrance.
Mon nounours des Pyrénées : Patrice Gelbart, pour son côté "je fais mon truc dans mon coin avec mes 20 couverts/jour. Le reste, je m'en fous."
Mon pote d'ailleurs : David Chang, parce qu'un coréen de New-York, spécialiste des nouilles japonaises (restaurant Momofuku), qui va sur un marché normand pour acheter des fromages qui puent, ça me plaît.
Mon icône fashion : Andrea Petrini, parce que. Fallait être là.
Mon rescue ranger : 2 flics à Deauville.

Palpitant, je vous dis!

+ de "vrais" compte-rendus :
Ouest France
Clin d'oeil gourmand
Chroniques du Plaisir
AFP
et le très attendu Figaro



Designer culinaire, un métier d'avenir

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Mardi soir, j'ai assisté à une conférence organisée par le Cercle Design et Marque à la Galerie Fraich Attitude. C'était tout bonnement fascinant.

Pour info, le Cercle Design et Marque est une association qui favorise les échanges et valorise les acteurs de la profession design. Des débats sont régulièrement organisés pour faire découvrir des talents et partager des réflexions débouchant sur des finalités concrètes. Le tout animé par Gérard Laizé, président du Cercle et directeur général du VIA (Valorisation de l'Innovation dans l'Ameublement), de manière très sympathique.

Le 1er débat de 2008 fut donc consacré au design culinaire. Si l'on compare au mobilier ou à l'architecture, la cuisine reste un domaine encore peu exploré du design, bien que celui-ci réponde efficacement à des problématiques tout à fait actuelles. Car le design culinaire ne se limite pas à dessiner des contenants toujours plus beaux et plus pratiques. Aujourd'hui, il participe à une véritable réflexion sur la nutrition, les nouveaux modes de vie, l'écologie...

Deux designers, diplômés de l'ENSCI (et pas de l'ESAD de Reims, ça change...), sont venus présenter leurs travaux, qui témoignent d'une démarche et d'un point de vue complètement différents. Attention, talents!

Guilhem Chéron

Son truc qui tue :
"Partitions Gourmandes'', son livre de recettes publié chez Solar. Ou comment créer un "langage recettorial" innovant, qui casse la forme d'écriture traditionnelle... Avantage majeur : cette méthode laisse plus de liberté à l'interprétation et permet de se concentrer sur sa casserole.

Son truc qui tue (bis) :
Sa réinterprétation de la classification des éléments de Mendeleïev (mais si, le tableau de chimie qu'on devait apprendre par coeur au collège) pour un projet de cantine lycéenne mené par la Sodexho. Afin de prendre pleinement conscience de ce qu'on a dans notre assiette, il a eu la géniale idée de décomposer les plats en proposant les ingrédients un par un. A l'instar du fameux tableau de Mendeleïev, à chaque aliment son symbole (ex : "Cha" pour champignons), auquel une couleur est associée. Celle-ci définit la famille nutritionnelle de l'ingrédient (ex : jaune = lipides). Une fois tous nos ingrédients choisis, il suffit de regarder le panel chromatique obtenu pour savoir instantanément si son repas est équilibré ou non. Plus les couleurs sont variées, plus notre repas est équilibré. Responsabiliser sans contraindre.

Stéphane Bureaux
Son truc qui tue :
La carotte rappeuse, la carotte en tiers, la Barb Ahlala, la galette Bluetooth. En fait, tout plein de créations qu'on pensait signées de Marc Brétillot... Juste retour à César!

Son truc qui tue (bis)
Avoir lu Hervé This et mis en pratique ses expériences (vs. tout le monde connaît HT mais personne n'a le courage de lire ses ouvrages... En tout cas, pas moi.). Le résultat est bluffant :
- la glace non radio active : quand on passe un moule en chocolat fourré de glace au micro-ondes, le chocolat fond -créant le nappage- mais pas la glace! GENIALISSIME.
- la cuillère à mer : le principe de cette cuillère sensationnelle est simple : il s'agit d'un module électronique qui produit du chaud côté pile et du froid côté face. Du coup, c'est le bordel car en bouche, la cuillérée envoie des stimuli contraires. Et notre cerveau est perdu.

Sa phrase choc :
"La révolution alimentaire passera par les industriels."

Dans les deux cas, un enthousiasme communicatif et une imagination à faire pâlir les wannabe designers.

Le débat s'est poursuivi autour d'un cocktail made by Bruno Viala, chef du restaurant La Famille.



Maki Nutella by John Dodelande

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Parfois, la réalité dépasse la fiction. Et ça, c'est beau comme une veste rose John Dodelande.



Patrick Roger, c'est fort en chocolat

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En gourmandise, être snob c'est mal. Pire, ça peut être préjudiciable.

Quand il y a quelques jours on m'a offert une boîte de chocolats Patrick Roger, mon timide merci n'avait d'égal que le maigre mérite que je prêtais audit Patrick.

Comment un chocolatier placé sur un des carrefours les plus touristiquement tapageurs de Paris (bld St-Germain & bld St-Michel) peut-il mériter autant d'attention que les adresses planquées si frénétiquement recherchées par le passionné de chocolat? Après tout, les Jeff de Bruges et autres Godiva raffolent de ces lieux de passage intarissables que sont les centres commerciaux. Noblesse du cacao oblige, un bon chocolatier se cache. Et puis quand on revendique clairement son statut de Meilleur Ouvrier de France, ne se réfugie-t-on pas derrière un titre voyant et galvaudé?

Quand même prise d'une curiosité compulsive, j'ai ouvert la mystérieuse boîte turquoise aux allures d'écrin Tiffany. Un premier chocolat porté à ma bouche, et là, l'exquise explosion de saveurs.

Vite, se ruer sur le catalogue et déjouer cette combinaison d'arômes si exotique, et pourtant si familière. Verdict: Katmandou, une ganache parfumée à la fleur de jasmin. Subtil, entêtant et unique. S'il réussit à me surprendre une seconde fois, c'est gagné.

Mes doigts saisissent avec aisance un carré délicat et presque chétif. "Douceur" promet le mariage fécond de l'amande et de la pistache. Je goûte. Là encore, je suis sous le charme, la douceur est puissante, et les arômes parfaitement maîtrisés.

J'ai rarement été surprise par un chocolatier, mais Patrick Roger a visiblement de quoi nous faire aimer son art. Sa bio nous apprend qu'il assemble jusqu’à 14 produits différents pour obtenir le goût et la matière qu’il recherche dans un chocolat. Et en même temps, toutes ses propositions chocolatées semblent être une alchimie tellement naturelle qu'on a du mal à s'arrêter d'en goûter.

...Quoi, j'ai déjà fini la boîte? Merci Patrick d'avoir ouvert une boutique en ligne. Certes on n'y trouve pas toutes les références, mais ça m'évitera d'aller m'acoquiner avec le vulgaire chaland du côté du boulevard St-Michel...

Patrick Roger
108 bld St Germain 75006 Paris
45 avenue Victor Hugo 75016 Paris
47 rue Houdan 92330 Sceaux

Site et boutique en ligne : www.patrickroger.com



M6, la nouvelle Cuisine TV?

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Après les récents flops de M6 (Popstars, Top Models) pour booster son access prime-time, la chaîne se lance un nouveau défi : la cuisine. Diffusée à 18h05, la nouvelle émission s'intitule "Un dîner presque parfait".

Le principe est simple : cinq personnes d'une même région, qui ne se connaissent pas, seront ainsi invités chacun à leur tour les uns chez les autres pendant cinq jours, mais un seul d'entre eux sera sacré meilleur hôte à l'issue de la semaine. Les critères? La cuisine, la décoration, et l'ambiance de la soirée. Le gagnant remportera une récompense de 1000 €.

A quand M6 sponsor du Salon Saveurs, Porte de Champerret?



Smiiille

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Votre enfant est le plus beau du monde et en plus, il a un sourire ultra-bright? Et ça ne vous dérange pas qu'il y ait sa bouille en tête de gondole de nos supermarchés?

Alors participez au grand casting organisé par Kinder pour les 30 ans de la marque. A l'issue d'un concours organisé sur internet, 4 photos seront sélectionnées pour figurer sur un packaging collector.

La Nouvelle Star, version milk chocolate : c'est ça le début de la gloire!

+ d'infos : www.30anskinderchocolat.fr



Elections US : la course à la Maison Verte

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Les Miscellanées de M. Schott, version charmante et digeste

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Une très jolie collection découverte aux éditions Tana : "Le petit livre à offrir", mention spéciale pour l'ouvrage "Le petit livre à offrir à un dîner à la place d'un bouquet de fleurs parce que les fleurs, c'est périssable".

Autant que le titre, les thèmes abordés sont plus exhubérants les uns que les autres : "Comment éliminer les calories d'une portion de frites", " Compliments à faire à la maîtresse de maison quand on a très mal mangé", "Intitulés chics pour des plats qui ne le sont pas", "Le pliage de serviettes ou comment s'occuper en attendant ses invités"...

Léger, drôle, et bourré d'idées piquantes, "Le petit livre à offrir" est une merveille de fraîcheur.

A offrir ou à s'offrir!



Les vrais-faux bars à chocolat

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Cela ne vous aura sans doute pas échappé : le bar à chocolat est le dernier concept trendy pour les lieux en quête de caution chic et branchée. Mais attention, car qui dit "recherche de légitimité branchouille" dit souvent "embrouille". La preuve par deux :

Le "Chocolat Lounge" de Pierre Hermé au Stade de France
Annoncée comme un événement tant par l'incongruité de son emplacement que par l'association exceptionnelle avec le pape de la pâtisserie, l'ouverture de ce bar à chocolat n'a pourtant pas fait déplacer les foules. Pour cause : il était pratiquement impossible pour le quidam qui voulait goûter le nectar des dieux d'accéder à ce fameux bar. Deux raisons à cela :
- le bar était situé dans les loges, carré or... Ca tombait bien, le projet étant financé par Côte d'Or
- l'éphémérité du "Chocolat Lounge" fut tel qu'il n'a été ouvert qu'une seule soirée, à l'occasion du match France-Maroc du 17 novembre 2007.
Le gros hic dans tout ça, c'est que ce concept a été relayé dans la presse, sans qu'à aucun moment il ne soit spécifié que ce bar allait fermer le lendemain du match. Mais à la lecture de l'article de Libé, on veut bien croire que la presse elle-même ait été bernée par cet effet d'annonce. Sacré Pierrot...

Le Bar à Chocolat de Mauboussin
Ca bruisse du côté de la place Vendôme. L'un des grands noms de la joaillerie française a ouvert il y a peu son flagship sur les Champs-Elysées, entre le Quick et la nouvelle galerie marchande "66". Autant dire que le pari était risqué pour Mauboussin. Afin de créer le buzz et peut-être masquer son problème de voisinnage, la marque en plein processus de repositionnement a judicieusement opté pour le lancement d'un bar à chocolat. Et du buzz, il y en a eu, tant et si bien que ma copine Apollonia Battavia et moi-même y sommes allées faire un tour. Verdict.

- RDC : La conception architecturale par Aki Kuroda est un brin spéciale car à l'entrée, point de vendeur. Seul un vigile vous accueille à ce niveau. Rapidement, notre cerveau comprend que c'est en haut que ça se passe.
- 1er étage : toujours pas de vendeur, de client, ni de bar... On va encore monter, hein...
- 2ème étage : ah, voici des vendeurs et des clients attablés, en pleine discussion devant des pièces à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Bon, on ne va pas les déranger, on va continuer notre route et monter encore un étage. Sauf que non, c'est plus possible, l'escalier s'arrête. Renseignement pris, c'est ici le "bar à chocolat". Apollonia fait justement remarquer à la vendeuse/serveuse (comment savoir?) qu'on ne s'attendait pas à...euh...ça. Pour se justifier, la vendeuse/serveuse nous tend la carte, qui présente plein de bonnes choses au chocolat à déguster. C'est donc bien un bar à chocolat. CQFD.

Difficile dans ces conditions de faire machine arrière. Nous nous asseyâmes donc sur des sièges en vinyle blanc ornés de grandes fleurs rouges et étudiâmes la carte. Au Bar à Chocolat de Mauboussin, le chocolat chaud s'appelle nectar et coûte 15€. Au choix : Guanaja 70%, Manjari 64% ou Caraïbe 66%. Déclinaison de ces 3 crus sous forme de petits choux (le terme "petit" prend ici tout son sens) pour la somme de 10€. Non testé : des assiettes légères servies le midi (ex : salade niçoise ou caprese à 15€).

Voilà pour la partie objective. Concernant notre ressenti vrai de Foodgeek :

- un bar, c'est un bar. Pas un espace de vente de bijoux où, accessoirement, on propose la carte aux clients avertis. Je me mets à la place du type venu choisir la bague de fiançailles qu'il offrira à sa chérie. Quelle horreur d'être accueilli à côté d'une grognasse qui, assise à 30 cm de lui, se goinfre pendant qu'il dépense l'équivalent de plusieurs mois d'économies. Evidemment, le client-type ressemble plus à un audieux personnage de la finance ou à un riche moscovite, mais le problème de promiscuité demeure du côté du client-bijou comme du côté du client-chocoladdict...

- le service dans une maison de luxe se doit d'être irréprochable. Lorsque j'ai voulu commander une demi Evian, on m'a répondu "Nous n'en avons pas mais je peux vous proposer de l'eau du robinet si vous voulez". No comment...

- l'essentiel reste tout de même la qualité des chocolats. Sur ce point, pas grand chose à redire : le chocolat chaud Guanaja était très agréable, à la fois fluide et consistant. Les fameux petits choux, faibles en sucre, avaient beaucoup de caractère. Derrière cet erzatz de bar à chocolat se cache Jacques Génin, chocolatier peu connu du grand public mais qui jouit d'une très belle réputation auprès des professionnels. Ce sont notamment ses chocolats que l'on retrouve dans la plupart des plus grands hôtels parisiens, comme le Crillon. Info ou intox : Jacques Génin ouvrirait prochainement sa première boutique parisienne. A suivre...

Bien que ces deux exemples ne soient pas extrêmemnt convaincants, je ne désespère pas de voir un jour apparaître un vrai bon bar à chocolat à Paris. Un appel du pied à des experts comme Jean-Paul Hévin, qui avait pourtant réalisé un beau coup d'essai il y a 2 ans au Palais de Tokyo. A l'époque, Foodgeek était déjà sur le coup!