Ce ne sera une surprise pour personne, en 1er arrive le sieur Alain Ducasse : 93 millions d'euros

En effet, le groupe Alain Ducasse est aujourd'hui une vraie multinationale de la haute cuisine : 21 restaurants, 1 400 salariés dans neuf pays, trois écoles, une maison d'édition, une chaîne d'hôtels, cinq auberges de luxe... Certes, il ne possède pas tout ce qu'il dirige mais en brassant autant d'affaires, il s'attire les meilleurs talents et s'assure une couverture médiatique savamment gérée.

Son dernier gros coup de pub étant bien sûr l'organisation du "Davos de la cuisine" pour les 81 ans de Paul Bocuse, dans son restaurant le Louis XV à Monaco. Détail intéressant : les journalistes américains se sont déplacés en nombre, suspectant l'annonce de la vente de l'empire Bocuse à Alain Ducasse. Démenti du jusqu'à-présent pape de la cuisine française, qui annonce des projets pour vingt ans encore, mais symboliquement la passation des pouvoirs a bien eu lieu quand même. « Alain, qui a presque tout, ne rêve plus que d'une chose : devenir après Bocuse le nouveau pape de la cuisine française », analyse un chef.

Deuxième, loin derrière, Joël Robuchon : 60 millions d'euros
Hyperactif, il trouve le temps de tourner ses émissions culinaires pour France Télévisions, de diriger ses deux restaurants parisiens et d’en gérer treize autres dans le monde pour le compte d’investisseurs. Le prochain ouvrira à Miami fin 2007. Associé à son complice Guy Job, à Prisma Presse, et à l’éditeur Alain Ayache, il vient de sortir dans les kiosques un magazine baptisé Cuisinez comme un chef (très quelconque et dont l'un des contributeurs est visiblement remonté contre un certain Alexandre Cammas et Emmanuel Rubin...).

Troisième, à nouveau à une grande enjambée d'écart, Jacques et Laurent Pourcel : 37,5 millions d'euros

Suivent ensuite :
- Philippe Legendre (34 millions d'euros)
- Pierre Gagnaire (23,2 millions d'euros)
- Georges Blanc (22 millions d'euros)
- Paul Bocuse (19 millions d'euros) : Mais si l’on tenait compte des revenus (dont il n’a pas le souvenir) de ses restaurants américains et les multiples contrats (au moins une quinzaine) avec les fabricants de cocottes, de couteaux, de cuisinières, de plats…il pourrait être le premier.
- le pâtissier Pierre Hermé (15 millions d'euros)
- Michel Rostang (15 millions d'euros)
- Michel Troisgros (15 millions d'euros)

Le journaliste explique la croissance des chefs à l'étranger par la multiplication des milliardaires dans le monde depuis trois ans. « Jamais les chefs français n'ont été aussi sollicités par les investisseurs étrangers », se félicite Pierre Gagnaire, adulé à Hongkong, à Londres comme à Tokyo. « Ces contrats sont très prisés, confirme un conseiller de Joël Robuchon. Le risque financier est nul car le chef n'investit pas personnellement. C'est de la pure rentabilité. En outre, avoir son nom sur plusieurs restaurants à l'étranger permet de créer un club de clients qui viendra chez vous lors de leurs séjours à Paris. »

Il est également question du sur-médiatique Cyril Lignac, qui a vendu son nom (âme?) au géant de la production télévisuel Freemantle (« La Nouvelle Star », « Questions pour un champion »...) et qui profite de sa notoriété acquise sur M6 pour décliner son image. « Nous avons signé des contrats avec Findus, Philips, Lesieur, les casseroles Ekono et les glaces Carte d'Or », raconte son agent Nicolas Chatenier. Et les éponges Spontex, pas encore? Pour les mordus de l'homme à la mèche folle, j'ai la primeur de vous annoncer la sortie en kiosque d'ici un mois du nouveau magazine de Cyril Lignac...

Vous l'aurez compris, pour devenir millionnaire dans la gastronomie, faut aimer passer sa vie dans les avions et apprendre à parler aux caméras. Et aussi avoir su cuisiner fut un temps.

NB : Quelques grands noms ne figurent pas dans ce classement. Senderens, Passard, Piège ne communiquent pas. Michel Guérard n'a pu répondre à temps.