- Oeuf poché au vinaigre de Xérès : un classique de la maison, qui vaut à lui seul le détour. Le vinaigre agit comme un formidable exhausseur sur le jaune d'oeuf, qui tire du coup vers le sucré-acide-salé. Top!

- Gaspacho aux tomates et crème glacée à la moutarde à l'ancienne : question de goût, mais une quenelle de glace à la moutarde, c'est pas trop mon truc.

- Betterave au vinaigre de Banyuls et sauce cacao : une magnifique association de saveurs. La betterave, ferme et bien sucrée, joue la fière aux côtés de deux jet-foodeuses habituées aux projecteurs. Le vinaigre arômatise suavement la betterave, tandis que la sauce cacao donne une jolie texture à ce mélange. Ou comment relooker une paysanne en femme du monde.

- Gnocchi au potimarron, huile de yuzu et émulsion praliné et herbes fines : très agréable émulsion, gnocchi pas folichon.

- Jardinière de légumes du potager, semoule et huile d'argan, aka "L'Arlequin" : superbe variation de couleurs pour ces légumes croquants à souhait. Mais à ce stade, on commence à penser au hachis parmentier de boudin noir dégusté la veille aux Racines (cf Figaroscope) et aux avant-bras tatoués du chef...

- Epinards de Bretagne, purée carotte-orange, citron confit et huile de sésame : l'association épinards-sésame me rappelle un met typique du Japon, que l'on sert là-bas avec de la sauce soja. La BIC (bonne idée à chiper), c'est épinards + acidité. Ca fonctionne à merveille.

- Ravioles farcies aux oignons, curry, cumin, coriandre, servies dans une eau tomate-basilic : un plat très worldwide. Présentation chinoisisante + mix de saveurs orientales et méditéranéennes. J'ai beaucoup aimé la coriandre, qui donne un petit côté croquant et frais aux ravioles.

- Tagliatelles de céleri, émulsion de moutarde : passons sur la moutarde (quoiqu'ici, plus discrète) pour en venir à cette étonnante façon de préparer le légume. Un céleri avec la forme et la texture al dente des tagliatelles, c'est é-pa-tant!

- Fromages : beau plateau avec une mention spéciale pour le comté 4 ans d'âge en provenance du producteur Bernard Antony. Quel bonheur, le goût du vrai comté!

- Soufflé au topinambour, chocolat Araguani : à la 1ère bouchée, on se fait une petite frayeur; le topinambour fonce pied au plancher dans le palais. Mais progressivement, on se laisse emporter par le mélange avec l'Araguani, qui grâce à son caractère bien trempé, arrive à ajuster la balance des saveurs.

- En guise de parfum de bouche, une crème glacée à la mélisse : frais. Idéal pour terminer un repas qui aura duré près d'une demi-journée (et là, vous me haïssez avec mon 3ème et dernier j'me la pétisme...)!