Si vous lisez régulièrement ce blog, c'est que vous aussi vous êtes foodgeeks. Inutile dans ce cas de s'étendre sur le pourquoi du comment du OFF.
En revanche, vous êtes en droit d'attendre de votre fidèle serviteur un compte-rendu par le menu des démonstrations culinaires de certains des chefs les plus innovants de notre époque. Malheureusement, les prouesses techniques des uns et des autres me sont un peu passées par dessus la tête. Mon truc à moi, c'est plutôt le feeling.
Voici donc un concentré de mon expérience sur ces deux jours de festival, riche en découvertes et rencontres palpitantes.
- Le lieu
Deauville en février, vidée du 92 d'habitude en force, sous un soleil radieux, c'est tout simplement le pied.
- L'ambiance
Jeune, détendue, conviviale. Nous sommes loin du SIRHA ou du salon Saveurs.... La relative promiscuité rendait le contact facile, aussi bien avec les chefs que les autres festivaliers. Autour du corner Lavazza, les langues se déliaient aisément, et autour du Dive, réunion de vignerons, je ne vous raconte même pas... Apprentis, chefs renommés, gastronomes curieux et avertis : de ce sympathique mélange se dégageait une atmosphère mi-récréative, mi-studieuse, visant à "mettre en commun les idées, les concepts, les expériences pour faire avancer la cuisine, mieux la comprendre et anticiper ses mutations sociétales ou économiques". Rafraîchissant.
- Les démos
Cuisine TV au cube. Pour quelqu'un comme moi (= pas doué de ses 10 doigts pour mitonner), les démos présentaient l'avantage de voir en live la facilité d'exécution de plats qui, sur le papier, s'avéraient complexes. En gros, ce que j'ai retenu (désolée par avance pour la simplification à l'extrême) c'est que :
1/ il faut toujours choisir des matières premières de qualité
2/ penser au goût avant la forme
3/ faire très attention aux cuissons
4/ laisser l'inspiration venir de plaisirs simples : les goûts de l'enfance, les plateaux télé, la nature version soft (les plantes) ou hardcore (les nids d'oiseaux, le dos d'un âne qui sue...).
Comme ça, on a l'impression que j'enfonce des portes ouvertes, mais c'est un fait. A force de vouloir époustoufler autrui, on en oublie les fondamentaux. Et promis, ce n'est pas moi qui le dit!
- Les "Cafés confidences"
Confortablement posés sur un canapé Ikéa, les chefs se sont confiés sans détour au micro de Sébastien Demorand et Luc Dubanchet, avec une honnêteté parfois déconcertante. Les interventions de Pascal Barbot et de Pierre Gagnaire furent à ce titre un pur régal. Le premier prônant la simplicité dans ce qu'elle a de plus évidente et remarquable. L'autre faisant voler en éclat les idées reçues : un grand chef qui dit ne pas aimer la cuisine, vous avez déjà entendu ça, vous?
- Mon classement sans queue ni tête
Mon chouchou absolu : Pascal Barbot, pour sa franchise, son enthousiasme, la justesse d'un discours mené à 2 voix avec son associé, Christophe Rohat, le très serein directeur de salle de l'Astrance.
Mon nounours des Pyrénées : Patrice Gelbart, pour son côté "je fais mon truc dans mon coin avec mes 20 couverts/jour. Le reste, je m'en fous."
Mon pote d'ailleurs : David Chang, parce qu'un coréen de New-York, spécialiste des nouilles japonaises (restaurant Momofuku), qui va sur un marché normand pour acheter des fromages qui puent, ça me plaît.
Mon icône fashion : Andrea Petrini, parce que. Fallait être là.
Mon rescue ranger : 2 flics à Deauville.
Palpitant, je vous dis!
+ de "vrais" compte-rendus :
Ouest France
Clin d'oeil gourmand
Chroniques du Plaisir
AFP
et le très attendu Figaro