Premier billet, premier coup de griffe gastronomique bien mérité au Duret Mandarin.
Au départ, toutes les bonnes raisons de vouloir tenter ce petit chinois bien planqué du 16ème: un nom qui circule pas mal, des critiques élogieuses de la part de Zurban ("sincères sensations exotiques"), et la bénédiction de Ghislaine Arabian, l'ancien chef de Ledoyen, qui en faisait une de ses adresses favorites pour le Figaro Madame de la semaine dernière (11 novembre 2005).
Oui mais on aurait dû se méfier... Indice n.1 : le très vénérable Emmanuel Rubin n'en a jamais parlé... Indice n.2 : c'est quand même situé dans le 16ème, on connait mieux comme haut lieu du ravioli frit. Indice n.3 : pas un compatriote de Mao dans la salle, mis à part les serveurs. Indice n.4 : quand on s'appelle "Duret Mandarin", n'est-on pas prédestiné à être un mauvais resto? Ou alors ils voulaient appeler leur resto "Durex Mandarine" et à la limite ça aurait été beaucoup mieux, y compris au niveau suggestion gastronomique.
Car venons-en au fait, c'était vraiment pas bon. Une carte melting pot chino-thaio-vietnamo-grille du loto (des numéros pour chaque plat, ca rompt le charme), une originalité de plats qu'il faut rechercher, un service approximatif et un peu maladroit, quoique pas dénué de bonne volonté. En entrée (7-12 euros), les innénarables raviolis crevettes à la vapeur était le choix le plus sûr; de même pour la très minimaliste mangue fraîche en dessert (8-10 euros). Mais alors les plats...raplapla! Des pinces de crabe sautées dans un bouillon non-identifié, des travers de canard laqués plus secs que secs, mais sûrement pas aussi dévitalisés que le riz signé Uncle Ben's. Heureusement que l'addition était moins salée que tout le reste...
Un conseil donc, évitez le Duret Mandarin dont je ne vous donnerai même pas l'adresse...
Si vous êtes en quête de saveurs suaves chargées d'Orient extrême, optez plutôt pour:
- Le Bambou : c'est toujours rempli à ras-bord, y compris et surtout de "locaux" qui font abstraction de la déco cantine moche. Alors fermez les yeux, ouvrez la bouche et foncez dans ce boui-boui vietnamien plus chaud qu'un bordel de Saigon... (70 rue Baudricourt, 75013 - 01 45 70 91 75)
- Damie : il paraitrait qu'après le thai, la nouvelle mode est au coréen... on aura pas attendu de le savoir pour se ruer chez Damie, barbecue du matin calme posé à la frontière 7ème/15ème. Bon, beau, zen, gentil (y compris sur les prix, dans les 30 euros par personne), et encore mieux quand on peut profiter du mini-jardin intérieur (7 rue Dupleix, 75015 - 01 45 66 67 77)
- Higuma : ca sent le graillon, c'est très budget étudiant (15-20 euros le soir, encore moins à midi) mais alors quelle incroyable bande de nouilles! (32 rue Sainte-Anne, 75001 - 01 47 03 38 59)
- Sanki : le chouchou de ceux qui ne sont pas découragés d'aller jusqu'à Boulogne pour goûter le best sushi in Paris (dans les 30 euros le soir, mais pleins de petits menus dans les 15-20 euros à midi). A mater, les sararii men de Nissan en immersion chez Renault (à deux pas) mais aussi dans leur bouteille de sake, gentiment rangée en cave derrière le comptoir où officie le chef le plus kawaii du 9-2 (38 avenue Edouard-Vaillant, 92100 - 01 46 08 38 38)